Finalisation Administrative et Suspension du Projet

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Cher.e.s tou.te.s,

C’est avec tristesse que je vous écris ces lignes.
Le 1er Mai, des gens se sont introduits dans le parc de la Pendjari. Ces personnes ont tué Fiacre, un guide béninois et enlevés deux français vers le Burkina Faso. Deux semaines plus tard, l’armée française a libéré ses compatriotes, ainsi qu’une sud-coréenne et une américaine, au détriment de la vie de deux militaires.

Ce dramatique épisode a valu au Bénin la classification en zone rouge de toute sa frontière nord avec le Burkina Faso, à une cinquantaine de kilomètre de l’endroit où le lodge doit voir le jour. La répercussion de cette mauvaise presse et de cette classification est la privation pour toute une région d’un pan majeur de son économie, le tourisme. Le parc est, ou était, la plus grande attraction touristique au Bénin, drainant un flux indispensable au tourisme régional hors parc. Par rapport au projet, cela reviendrait à commencer la construction d’un Ecolodge sans garantie aucune d’un jour avoir suffisamment de clients pour le rendre viable économiquement et à, de facto, couper l’herbe sous le pied à la redistribution et la philosophie du projet.

Y ayant beaucoup réfléchi, je crois inconsciente l’idée de continuer le projet tête baissée au risque de prendre un mur de plein fouet. J’ai donc trouvé le moyen de mettre le projet en pause, sans que cela soit un arrêt total. Laisser le temps au pays de redorer son image, de répondre au problème sécuritaire ; et à la communauté internationale le temps de réfléchir sur son défaitisme et sur la condamnation qu’elle impose aux populations se trouvant dans ce qu’elle qualifie de « zones rouges ».

De manière pratique qu’est-ce que cela veut dire ? Cela signifie qu’une fois le bail (25 ans) et l’administratif lié au terrain terminés, je ferai une demande pour que la compagnie soit suspendue. Cela me permettra de n’avoir plus à m’en soucier tout en permettant un retour en l’état actuel des choses si les conditions étaient à nouveau réunies (ce que j’espère de tout cœur).

Personnellement et bien que cela soit encore difficile, je vous le concède, j’essaie de relativiser cette pause forcée. Les six derniers mois ont été faits d’épreuves et de petits succès. Pour les petits succès : la création de l’entreprise, la mise en place d’un tour à moto, la localisation d’un lieu qui soit accessible mais suffisamment reculé (pour que l’aspect logistique ne soit pas trop compliqué) ; côté épreuves : les murailles administratives, la complexité de certaines procédures et de certains cadres légaux et la lenteur sous-jacente à ceux-ci. Prendre un peu de recul et faire un point sur les frustrations, les détails du quotidien qui flanchent ne pourront que me rendre plus apte à la reprise de ce projet en temps voulu. L’idéologie derrière reste intacte, de même que les gens rencontrés, les marques de soutien… toutes ces choses qui font qu’aujourd’hui c’est bien la tristesse qui m’habite en mettant de côté ce projet.

Tagayé, lieu où se situera peut-être le lodge un jour, est un village d’un peu plus de 500 âmes. On y accède par le goudron fraîchement fini qui surplombe littéralement les deux côtés de la route. Il y a une école primaire avec ses manguiers et son sable, vous pouvez y rencontrez Alphonse, toujours dans les parages, qui est l’un des doyens du village. Alphonse possède un tata magnifique où on peut dormir et respirer la brousse, voir les jeunes piler l’igname en ombre chinoise au coucher du soleil ou encore boire une bière en écoutant des charades toutes plus incompréhensibles les unes que les autres pour nos esprits bien trop blancs, pâles et sans couleurs. Alphonse ne reste jamais bien longtemps sans Gaston, petit homme aux yeux rieurs. Lui, il vous emmène marcher, voir les greniers des ancêtres qui se cachaient à l’orée des grottes pour éviter les travaux forcés des colonies ou d’autres inquisiteurs locaux. Une histoire qui, en Europe peut paraître lointaine, mais qui, ici, vit encore dans tous les rapports et les esprits. Mais Gaston présente tout en frère, en humain, lui aussi. Ses seules demandes sont la curiosité et le respect. Les non-dits sur les rapports aux ancêtres sont faits pour le rester. Le sacré aussi. Il suffit de l’entendre rire pour se rappeler le son de la sincérité.

C’est au détour de ce village et à deux pas de ces vestiges que le lodge sera construit, « si dieu le veut », et comme on dit ici, « les bonnes choses se font lentement ».
Je vous tiendrai bien sûr informé de toute évolution du statut quo qui se prépare.

N’hésitez pas à me contacter si vous avez des questions.

Bien à vous,

Timothée

 

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Entreprise et obtention du terrain

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Bonjour à tou.te. s,

Cela fait 3 mois que je suis arrivé à Natitingou alors il est temps de vous donner des nouvelles du projet.

Pour ne rien vous cacher les dernières semaines ont mis à rude épreuve ma patience. Je vous épargnerai les détails mais on pourrait résumer l’ensemble de l’évolution du projet avec le dicton « un pas en avant, deux pas en arrière ».

Pour vous donner un petit aperçu des difficultés, parlons acquisition des terres. Les étrangers ne peuvent pas acquérir de terres en zones rurales au Bénin, il nous faut dès lors contracter un bail avec le propriétaire. Il n’y a pas non plus de cadastre en terres rurales au Bénin ce qui signifie l’impossibilité d’être absolument sûr de l’accord conclu. Il incombe au propriétaire d’obtenir une Attestation de Détention Coutumière qui demande une enquête de terrain préalable avec un crieur public pour que les tiers aient l’occasion de réclamer leurs droits sur les terres s’ils se considèrent eux aussi propriétaire. Un levé topographique est également requis alors que tous les bureaux de géomètres agréés sont basés à Cotonou ou dans le sud du Bénin. Enfin, il y a lieu d’obtenir une Attestation de Situation, preuve que le terrain visé n’appartient pas à l’Etat. Lorsque tous ces documents sont produits, nous pouvons passer à la signature du bail.

Jusqu’ici, nous avons réalisé le premier levé topographique il y a plus d’un mois, mais nous avons dû arrêter la collaboration avec le géomètre et donc recommencer. On voit presque le bout de cette étape-là.


Sur les autres pans du projet, nous avons reçu tous les documents relatifs à la création de la société et nous pouvons donc dire haut et fort que One World Together SARL a vu le jour au Bénin !!!
Pour parer aux lenteurs administratives, nous envisageons de commencer à organiser des petits voyages/randonnées en moto ne serait-ce que pour couvrir une partie des frais liés à ma présence au Bénin étant donné que les ressources du projet sont loin d’être inépuisables. Aussi, nous ne pourrons malheureusement pas finir les constructions avant l’arrivée des pluies.

Les autres bonnes nouvelles sont que deux amis qui m’aident sur le projet sont venus : Thomas, est resté un mois pour prendre la température mais surtout m’aider à rédiger le contrat de bail, et Boris nous a ensuite accompagnés une quinzaine de jours et s’est occupé de la réalisation d’un petit clip vidéo pour promouvoir les tours à moto.

La chaleur commence à arriver, annonçant normalement les premières pluies en avril… je n’ai plus vu une goutte d’eau tomber du ciel depuis le 12 novembre.
Comme d’habitude, voici aussi quelques photos.
J’espère vous réécrire bientôt avec beaucoup de bonnes nouvelles… et des photos de construction ! 

Bien à vous,

Timothée

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Bien Arrivé!

Bonjour à tou.te.s,

Voilà un mois et demi que je suis arrivé au Bénin pour mettre en place le projet de One World Together de construction d’un écolodge. Déjà nous avons rencontré notre lot de difficultés tout en faisant de petites avancées non négligeables. Voici donc un petit récapitulatif de l’état du projet.

  • A peine atterri, j’ai changé mon visa touristique pour un visa résident, sans quoi il est impossible pour moi de créer une entreprise sous laquelle One World Together peut opérer.
  • Suite aux conseils d’une avocate basée à Cotonou, la création de l’entreprise se fera, ou du moins nous en lancerons les démarches en Janvier 2019. La loi béninoise prévoit certains avantages pour les entreprises nouvellement créée et particulièrement pour la première année d’exercice. En créant l’entreprise en 2018, cette année se serait résumée au mois de novembre et décembre et étant donné que l’essentiel de l’année sera consacrée à la construction du lodge, il était plus judicieux de pouvoir en profiter pleinement.
  • Concernant l’achat ou la location d’un terrain pour la construction du lodge, il est difficile de mettre en lumière ce qui est faisable étant donné que les avis divergent en fonction de l’interlocuteur, la mairie nous dit qu’il est impossible d’acheter pour un étranger quand notre avocate nous dit le contraire. Néanmoins, la prospection pour l’achat avance bien et je pense avoir trouvé l’endroit où construire. J’ai dû me rendre à l’évidence : le site auquel je pensais initialement était stratégiquement très compliqué (accès à l’eau, pas d’ombre et très éloigné de tout).
  • Nous avons trouvé une maison, à Natitingou, qui sera le siège social de One World Together. Cela pourra éventuellement nous servir pour organiser des petits tours à moto dans la région pour commencer à avoir un petit revenu afin de couvrir une partie des frais.

Les démarches administratives prennent du temps et c’est certainement seulement le début des challenges, voici quelques petites photos en guise d’aperçu.

J’espère que vous avez passé de bonnes fêtes avec ceux qui vous sont chers.

Je vous souhaite une très bonne année 2019, et j’espère revenir très vite vers vous avec plus d’avancées à partager.

Cordialement,

Timothée